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60 ans du Fonds Social Européen #1 : retour sur son histoire !

20.02.2017 Actualités

Le 25 mars 1957 naissait la Communauté économique européenne. Avec la signature du traité de Rome, les Etats européens s’engageaient dans une démarche d’intégration inédite dans leur histoire économique, sociale et politique.

Crée dès l’origine par le Traité de Rome, le Fonds Social Européen a vu son rôle s’élargir et se renforcer au fil des décennies afin d’améliorer les perspectives de travail au sein de la Communauté. Retour sur son histoire avec, cette semaine, les années 50, 60 et 70.

 

Années 50 : la naissance du Fonds Social Européen

En 1951, la France, l’Allemagne de l’Ouest, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg signent le traité de Paris instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Le traité CECA aboutit entre autres à la création du fonds CECA de reconversion et de réinstallation des travailleurs, le précurseur du Fonds Social Européen (FSE).

En 1957, le traité de Rome établit la Communauté économique européenne (CEE), et dans son sillage le FSE, afin d’améliorer les perspectives de travail au sein de la Communauté en promouvant l’emploi et en renforçant la mobilité géographique et professionnelle des travailleurs.

À ses débuts, le FSE sert à « compenser » les pertes d’emploi. Il aide les travailleurs des secteurs en restructuration en leur fournissant des allocations de reconversion. Il fournit en outre une aide à la réinstallation aux personnes sans emploi ayant quitté leur région pour chercher du travail ailleurs. Le FSE peut, à cette époque, être utilisé plus largement que le fonds CECA, car il couvre tous les secteurs, à l’exception de l’agriculture.

Années 60 : faire face aux défis du chômage et des migrations

Au cours de ses premières années d’existence, en l’absence d’une stratégie globale de l’Union européenne, le FSE permet de traiter les problèmes au niveau national.

Dans les années 50 et 60, l’économie de l’Europe est florissante et le chômage fait figure d’exception. Toutefois, près des deux tiers des chômeurs de la CEE se trouvent en Italie, qui compte quelque 1,7 million de personnes sans emploi. Entre 1955 et 1971, 9 millions de travailleurs du sud de l’Italie migrent pour trouver du travail, soit dans le nord du pays qui s’industrialise, soit dans des contrées plus lointaines. Les Italiens sont donc les principaux bénéficiaires des allocations de reconversion et de réinstallation du FSE. L’Allemagne de l’Ouest utilise, quant à elle, le FSE pour recycler les personnes victimes d’accidents du travail.

À cette époque déjà, le financement du FSE doit être égalé par un financement national et est destiné à des projets mis en œuvre dans le secteur public. Le secteur privé ne participe pas au FSE.

 

Années 70 : répondre aux besoins de groupes spécifiques

Le FSE est réformé, une première fois, en 1971 : ses financements sont désormais ciblés vers des groupes et catégories de personnes spécifiques, et son budget est accru. Les agriculteurs et les ouvriers agricoles abandonnant le secteur peuvent en bénéficier dès 1972. En 1975, le FSE s’ouvre à l’industrie de l’habillement.

Le Fonds européen de développement régional (FEDER) est créé en 1975, se concentrant sur le développement des infrastructures des régions accusant un retard, alors que le FSE vise principalement à aider des personnes de toute l’Europe à acquérir de nouvelles compétences. Les deux fonds sont collectivement désignés sous le terme de « fonds structurels ».

À la fin des années 70, résorber le chômage des jeunes, qui s’est considérablement accru, est devenu une priorité du FSE. Les femmes jouant un rôle de plus en plus important sur le plan professionnel, le FSE commence également à les soutenir davantage, qu’elles aient perdu leur travail, qu’elles arrivent sur le marché de l’emploi ou qu’elles reprennent une activité.

Le Fonds commence également à cibler d’autres groupes, tels que les personnes handicapées et les seniors (à partir de 50 ans).

Le FSE ciblant des groupes spécifiques, il ne travaille plus uniquement avec des organismes publics : des employeurs et des syndicats, et même des entreprises individuelles, commencent à s’impliquer. Cela entraîne un changement majeur dans le fonctionnement du FSE : jusqu’alors, les projets des États membres étaient remboursés après leur mise en œuvre, mais un système d’approbation préalable est mis en place. Cela conduit à un processus selon lequel la Commission et les États membres définissent ensemble des priorités communes au sein de l’Union européenne et y allouent des fonds. Ce sont les prémices d’une stratégie qui va progressivement s’affirmer et gouverner peu à peu la mise en œuvre du FSE au cours des décennies suivantes.

 

La semaine prochaine, des années 80 à nos jours…

 

Source : Fonds social européen – 50 ans d’investissement dans les personnes – ISBN 92-79-03361-1

 

Pour en savoir plus : le Dossier spécial de Toute l’Europe sur la signature du traité de Rome, les grandes étapes historiques qui ont conduit à son adoption ainsi que des archives documentaires de l'époque

 

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