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60 ans du Fonds Social Européen # 2 : retour sur les années 80 et 90

24.02.2017 Actualités

Le 25 mars 1957 naissait la Communauté économique européenne. Avec la signature du traité de Rome, les Etats européens s’engageaient dans une démarche d’intégration inédite dans leur histoire économique, sociale et politique. Crée dès l’origine par le Traité de Rome, le Fonds Social Européen (FSE) a vu son rôle s’élargir et se renforcer au fil des décennies afin d’améliorer les perspectives de travail au sein de la Communauté. Après les années 50, 60 et 70, retour sur son histoire avec, cette semaine, les années 80 et 90.

Années 80 : le passage d'une économie fondée sur le secteur secondaire à une économie reposant sur le secteur tertiaire

Dans les années 80, le déclin d’industries traditionnelles telles que l’acier, l’industrie manufacturière et la construction navale, associé à l’émergence des nouvelles technologies, particulièrement dans le secteur des services, se traduit par une forte demande de travailleurs qualifiés. Ainsi, la formation professionnelle et l’enseignement de l’utilisation des nouvelles technologies deviennent des priorités du FSE.

 

 Le financement du FSE cible les jeunes ayant peu de perspectives d’emploi en raison d’un manque de formation professionnelle ou d’une formation inadéquate, ainsi que les chômeurs de longue durée. Il est également étendu aux jeunes en décrochage scolaire. Poursuivant une initiative engagée dès les années 70, le FSE aide toujours les femmes à entrer sur le marché du travail.

En 1983, Les Etats membres et la Commission européenne décident de consacrer les financements du FSE aux régions en difficulté.

En 1988, le FSE est réformé pour mieux aider les régions accusant le plus grand retard de développement et à la fin des années 80, plus de la moitié du financement du FSE est ainsi alloué aux régions et pays les plus pauvres tels que l’Andalousie, les îles Canaries, la Grèce, les départements français d’outre- mer, l’Irlande, le Mezzogiorno dans le sud de l’Italie, l’Irlande du Nord et le Portugal.

La même année, une nouvelle réforme du FSE est lancée. Jusqu’alors, le FSE contribuait à des politiques largement définies dans les contextes nationaux des États membres. Toutefois, pour chaque projet du FSE, les États membres devaient présenter une demande de subvention à la Commission qui évaluait et approuvait les demandes au cas par cas.

La réforme consiste alors à passer d’une logique de projets (individuels) à un effort pluriannuel programmé en partenariat entre les États membres et la Commission. En 1988, l’Union européenne passe d’un budget annuel à un budget à moyen terme (1988/1989-1993). Les États membres commencent à échanger des informations et des stratégies sur l’emploi prennent peu à peu forme afin de permettre l’intégration du FSE dans les politiques nationales en matière d’emploi.

Avec la réforme, le FSE concentre ses efforts là où les besoins sont les plus grands, qu’il s’agisse de régions ou de groupes de la population, et le principe selon lequel le cofinancement de la Communauté vient s’ajouter aux actions nationales est renforcé.

Les ressources du FSE sont également accrues. A cette époque déjà, plus de 2 millions de personnes par an obtiennent des qualifications professionnelles ou un emploi avec l’aide du FSE.

 

Années 90 : la mondialisation et la société de l'information

Face à la hausse du chômage, l’Union européenne adopte une stratégie pour l’emploi en 1994, et le traité d’Amsterdam débouche sur des lignes directrices pour l’emploi et une stratégie commune en 1997.

Le FSE met désormais l’accent sur l’emploi plutôt que sur le traitement du chômage, se concentrant en particulier sur les personnes actives pour les aider à conserver leur emploi et à progresser dans leur carrière. La formation, la création d’emplois, l’orientation professionnelle et le conseil sont au cœur de sa stratégie.

Toutefois, le FSE continue de former les jeunes, les chômeurs et les personnes exclues du marché du travail. L’Europe commençant à être confrontée au problème du vieillissement de la population, le FSE consacre également davantage de fonds à la formation des seniors pour les aider à garder leur emploi plus longtemps ou à réintégrer le marché du travail.

Au cours de la période, le FSE réserve 5 % de son budget au financement de programme novateurs, à l’évaluation de l’efficacité des projets cofinancés et à l’échange d’expériences entre les États membres afin d’étendre l’innovation à toute l’Europe.

Ces initiatives conduisent notamment à l’établissement de 3 grands programmes communautaires :

  • EUROFORM, qui permet d’expérimenter des formes nouvelles de formation professionnelle et d’emploi ;
  • HORIZON, dédié à la formation de personnes handicapées ;
  • NOW, qui envisage des manières d’intégrer ou de réintégrer plus facilement les femmes sur le marché de l’emploi.

 

De nouveaux programmes sont créés pour cibler des questions spécifiques au marché du travail et pour promouvoir l’échange transnational d’idées et d’approches.

  • YOUTHSTART, pour aider les jeunes non qualifiés à décrocher un premier emploi ;
  • INTEGRA, pour aider des groupes tels que les parents isolés, les sans-abri, les réfugiés, les détenus et les anciens détenus à trouver un emploi sûr, et lutter contre le racisme ou d’autres discriminations à la formation ou à l’emploi ;
  • ADAPT, pour aider les personnes à s’adapter à l’évolution industrielle et commerciale, par exemple en offrant des formations dans les technologies de l’information.

Les dotations des fonds structurels ont pratiquement doublé entre les périodes 1988-1993 et 1994-1999. Près de 70 % de cette aide est allouée aux régions qui en ont le plus besoin. En 1994, le Fonds de cohésion est créé, venant s’ajouter aux Fonds structurels, pour aider les pays les plus pauvres de l’Union européenne à mettre en place des projets d’infrastructures de transport et de protection de l’environnement.

Source : Fonds social européen – 50 ans d’investissement dans les personnes – ISBN 92-79-03361-1

 

 

 

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