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« Avec le numérique, le besoin d’apprentissage est devenu permanent »

27.12.2016 Rencontres FSE

L’exercice de prospective à 10 ans intitulé « Métiers 2022 », disponible sur le site strategie.gouv.fr, révèle sans surprise l’évolution croissante des emplois en lien avec le numérique. Dans ce sillage, des besoins qui changent le paysage : formation continue, mise à jour des compétences... Sandrine Aboubadra-Pauly, Responsable projet « Prospective des métiers et des qualifications » à France Stratégie, Département Travail, Emploi et Compétences, détaille les enjeux de la formation à l’ère numérique.

Vous distinguez des « métiers cœur » du numérique ; quel avenir peut-on leur prédire ?

Sandrine Aboubadra-Pauly : Avant la prospective, c’est la rétrospective qui nous éclaire : depuis 15 ans, la famille professionnelle des informaticiens représente une vraie dynamique d’emploi. Qui ne promet pas de se calmer. Les 124 000 ingénieurs de l’informatique de 1992 sont passés à 360 000 vingt ans plus tard. Au-delà des développeurs, la transformation numérique touche d’autres familles professionnelles : technico-commerciaux, marketing, cyber sécurité… L’étude européenne E-Skills table sur un potentiel de plus d’un million d’emplois en France, à horizon 2020.

 

“ Au-delà des développeurs, la transformation numérique touche d’autres familles professionnelles : technico-commerciaux, marketing, cyber sécurité… ” Sandrine Aboubadra-Pauly, France Stratégie Sandrine AboubadraResponsable projet « Prospective des métiers et des qualifications » à France Stratégie

 

Quels sont les effets des TIC sur l’emploi et les métiers ?

S. A-P. : Le numérique peut favoriser le développement de certains métiers - on l’a vu pour les ingénieurs de l’informatique - et en fragiliser d’autres, c’est le cas par exemple des métiers de secrétaire. De façon globale, il contribue, avec d‘autres facteurs bien sûr, à la hausse globale des niveaux de qualification des emplois. Dans le même temps, il favorise le développement d’emplois peu couverts par notre système de protection sociale (plateformes de type Uber). Les évolutions peuvent dont être contrastées.

 

Les compétences peuvent-elles suivre le rythme du numérique ?

S. A-P. : Au regard de la rapidité des évolutions, les compétences acquises pendant la formation initiale ne peuvent en effet plus suffire. Le besoin d’apprentissage ou de mise à jour des savoirs est devenu permanent. Le numérique, c’est la fin du diplôme pour la vie ! La formation continue est à ce titre devenue un maillon stratégique qui vient compléter la formation initiale, en permettant aux adultes d’adapter leurs compétences aux besoins exprimés par le marché. C'est autant un enjeu de sécurisation des parcours des individus que de compétitivité pour les entreprises.

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