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Les Cycles-Re, des vélos pour se remettre en selle

01.03.2018 Actualités

En donnant une deuxième vie à des vélos cassés, les Cycles-Re créent des passerelles entre des salariés en insertion et des secteurs professionnels qui recrutent. Cinq salariés, peu ou pas qualifiés, ont signé leur premier contrat de travail en octobre 2017. Un projet porté par Florent Motte, fervent défenseur de l'économie sociale et solidaire et soutenu par le Fonds Social Européen.

Florent Motte a le goût de l’entreprenariat...social. Ce diplômé de Sciences Po Paris (option Economie Sociale et Solidaire) a fondé en 2003, à Toulouse, l’atelier d’insertion  de « La Glanerie ». Aujourd’hui, 35 salariés en insertion collectent et recyclent des encombrants et d’objets abandonnés pour leur offrir une seconde jeunesse. Une fois « La Glanerie » sur de bons rails, Florent Motte a eu envie d'un nouveau défi. Il crée en 2015 son deuxième atelier d’insertion : les Cycles-Re.  

 

Le principe ?

« Nous récupérons des vélos cassés dans les déchetteries ou abandonnés dans la rue. Nous les démontons entièrement. Le cadre est sablé, apprêté, et peint en cabine industrielle aux couleurs voulues par le client. Les pièces d’usure sont changées et le vélo entièrement remonté », décrit avec enthousiasme Florent Motte, originaire du Nord-Pas-de-Calais. L'esprit récup' va jusque dans les détails : cuir de vieux canapé et bouchons de liège pour les poignées de guidon, caisse de vin customisée pour le porte-bagages...

 

A la sortie de l’atelier, les vélos recyclés sont comme neufs, personnalisés, 100% « Made in Toulouse » à des prix très concurrentiels (environ 250€). Les Cycles-Re, c’est aussi - et avant tout - un organisme de formation. « Le premier atelier d’insertion créé sur une activité de refabrication de vélo», se réjouit son fondateur. 

 

Le processus industriel permet de développer des compétences techniques – notamment sur la mécanique, la soudure, la peinture industrielle – plébiscitées par des secteurs pourvoyeurs d’emplois (industrie aéronautique) et en développement (mécanique vélo).

« L’accès à la qualification des publics éloignés de l’emploi est essentiel pour envisager une insertion durable dans le monde du travail », résume Florent Motte, qui ne se déplace qu’en vélo bleu dans les rues de la ville rose.

 

Depuis octobre dernier, l’atelier des Cycles-Re est en pleine effervescence. Les cinq premiers salariés ont signé un contrat de travail allant de six mois à deux ans. Des jeunes, des femmes, des primo-arrivants.  Points communs : peu ou pas qualifiés, ils étaient allocataires du RSA et demandeurs d’emploi de longue durée avant de rejoindre l’atelier. « Nous les formons en situation de production. En fabriquant un vélo, ils reprennent confiance en leurs capacités », souligne Florent Motte. Tout au long de leur formation, une accompagnatrice socioprofessionnelle les guide dans leurs démarches administratives ou d’accès aux soins, leur recherche d’emploi ou de logement. Une convention a été signée avec le Fonds Agir pour l’Insertion dans l’Industrie et l’Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie "afin de créer des liens avec les entreprises industrielles locales qui recrutent », explique Florent Motte.

En 2018, les Cycles-Re passent la vitesse supérieure, s'agrandissent, investissent dans des machines plus performantes. L’objectif est d’employer 15 salariés.

 

L’entreprise ouvrira aussi au grand public un atelier pour apprendre à réparer soi-même son vélo. De son côté, Florent Motte multiplie les contacts avec des entreprises et des collectivités pour les inciter à s’équiper de bicyclettes aux couleurs de Cycle-Re. « C’est un travail de longue haleine mais essentiel à notre survie », admet le quadra.

 

Si le projet solidaire prend aujourd’hui son envol, tout n’a pas été simple. Bien au contraire. Il a fallu convaincre les partenaires. Fin connaisseur du secteur de l’ESS, Florent Motte livre une analyse sans concession : « Le cadre budgétaire de l’Insertion par l’Activité Economique est extrêmement contraint. Très peu de structures d’insertion se créent aujourd’hui en France. Les Cycles-Re est en 2017 le seul atelier d’insertion à avoir reçu un agrément en Haute-Garonne. La formation pour les publics très éloignés de l’emploi est le parent pauvre des politiques d’insertion, alors même qu’elle devrait concentrer l’essentiel des financements». Dans ce contexte, la subvention du Fonds Social Européen cofinancée par Toulouse Métropole – 48 000 € – a été déterminante.

 

Tout comme le Trophée d’Or catégorie « Développement durable » décerné par le FSE en 2016. « Si le FSE et le PLIE de Toulouse Métropole n’avaient pas cru en nous au démarrage, nous ne serions pas là aujourd’hui », conclut Florent Motte. Une fois lancés, nul ne sait où les Cycles-Re s’arrêteront.

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