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A Toulouse, des NEET créent leur start-up

08.02.2018 Actualités

Grâce aux « Ateliers mini-entreprises », les élèves de l’école de production ICAM de Toulouse sont passés du statut de décrocheur à celui d’entrepreneur à succès. Le projet est soutenu par le Fonds Social Européen, très engagé dans l’insertion des NEET.

Gilles Vandecaveye trace sa route. Passionné de sport automobile, cet ancien champion du monde amateur de rallye a fait ses classes chez Volkswagen et Renault, avant de créer son cabinet de conseil. Il y a trois ans, le quadra au tempérament de fonceur a amorcé un virage en prenant la tête de l’école de production de l’ICAM de Toulouse. En France, on compte 25 écoles de production. Leur mot d’ordre : faire pour apprendre.

Mi-école, mi-usine, l’établissement toulousain accueille 45 jeunes de 15 à 19 ans, décrocheurs scolaires et anciens NEET (jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation). « Un public complexe qui requiert un accompagnement personnalisé et des actions innovantes pour susciter leur intérêt », détaille Gilles Vandecaveye. La formation gratuite prépare aux métiers de l’usinage et la chaudronnerie, des profils recherchés par les entreprises locales.

La particularité de la filière ? « Nous fonctionnons comme un sous-traitant d’une vingtaine d’entreprises. Les élèves fabriquent 100 000 pièces par an dans nos ateliers, vendues au prix du marché », répond Gilles Vandecaveye. Du concret donc, pour ces élèves qui ne trouvent leur place ni dans le système scolaire « classique », ni dans l’apprentissage. Le pari est payant puisque l’établissement affiche 98% de réussite au CAP.

En 2016, le projet phare de l’école de prod’, les « Ateliers mini-entreprises », a vu une quinzaine d’élèves de 1ère année de CAP créer une start-up. Recherche de « LA » bonne idée, business plan, conception, marketing, prospection… En équipe, ils ont passé en revue chaque étape, se sont réparti toutes les formalités. Là encore, rien que du concret.

La première équipe a lancé « Cap ou pas Cap », des casquettes personnalisables avec des plaques de métal gravées au laser dans les ateliers. Grâce à leur clip diffusé sur YouTube, ils ont vendu plus de 150 exemplaires. Côté personnalités, Gilles Vandecaveye a remis en août 2016 une casquette « Cap ou pas Cap » à l’ancien Président de la République François Hollande lors d’une cérémonie de la fondation « La France s’engage ». Les entrepreneurs en herbe de la seconde start-up – « Tamarwak » – ont créé un prototype de table pliable dont la hauteur du plateau s’adapte aux envies : table basse, de repas ou mange-debout.

Le succès est au rendez-vous. Les « Ateliers mini-Entreprises » ont été récompensés lors des Trophées des initiatives FSE 2016. Les deux start-ups ont également participé aux championnats des mini-entreprises EPA Midi-Pyrénées. « Cap ou pas Cap » a remporté le Prix de la Communication ; « Tamarwak » est passée tout près du Coup de cœur du Jury. « Des jeunes décrocheurs, abonnés aux échecs, se transforment en quelques mois en entrepreneurs à succès. Leurs idées sont valorisées, leurs efforts récompensés. Ils reprennent confiance en eux », précise Cédric Dias, chargé d’animation pédagogique.
Les « Ateliers » insufflent l’esprit d’initiative, une attitude souvent considérée comme impensable par les quelques 900 000 NEET recensés en France.  

Très engagés dans l’insertion des NEET, le Fonds social européen soutient les actions de l’école de production toulousaine avec une subvention de 145 000€ répartie en 2016 et 2017. « Un tiers de notre budget est assuré par les ventes des pièces fabriquées. Le reste provient de la taxe d’apprentissage et des subventions. Le soutien du FSE nous permet de conserver un équilibre financier, de pérenniser et essaimer nos actions », explique Gilles Vandecaveye, qui installe durablement les « Ateliers mini-entreprises » dans le programme de l‘école. 

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